Une forteresse devenue prison

Si une personne a toujours agi de manière forte et indépendante, et rayonne de la sorte, peut-être se demande-t-elle pourquoi peu de personnes lui tendent les bras – littéralement ou de manière figurée? Se pourrait-t-il qu’elle envoie le message qu’elle n’a pas besoin d’être rassurée et réconfortée à travers des marques d’affection telles un câlin ou se faire serrer dans les bras de quelqu’un? Peut-être se demande-t-elle pourquoi les autres personnes lui semblent si distantes et froides, si peu enclines à s’ouvrir à elle?

Plusieurs personnes peuvent vivre cela, particulièrement celles qui ont été durement blessées dans des relations familiales ou personnelles et qui veulent éviter à tout prix de subir à nouveau le même type de blessures. Une image de force et d’indépendance est alors un mur que ces personnes érigent dans le but premier de se protéger des blessures. Mais cette forteresse devient également une prison qui les empêche de rayonner, d’aimer et d’être aimées. Cela devient de plus en plus difficile pour ces personnes de s’ouvrir de nouveau à l’amour, car pour ouvrir son cœur et se permettre d’aimer de nouveau, on doit accepter de se montrer vulnérable aux yeux de quelqu’un.

La force d’un mur d’indépendance qui nous protège est illusoire car ce mur est une construction de l’égo, qui veut nous faire croire que nos présumés défauts et manquements doivent à tout prix être cachés des autres, jusqu’à ce que nous les ayons éliminés. On craint que ce qu’on perçoit comme étant nos imperfections nous fera mal paraître ou bien pourra être utilisé pour nous faire du mal.

Notre mur empêche alors les autres de nous atteindre, car notre système de défense cache ce qu’on croit être des failles pouvant être jugées ou exploitées par les autres. Mais ce faisant, notre mur empêche aussi les autres de découvrir ce qu’il y a de beau et de merveilleux en nous; il cache notre « moi » authentique. Il bloque également la bienveillance et l’affection dont les autres voudraient nous faire part. Tout autant qu’il nous protège du jugement des autres, notre mur nous rend inaccessible.

La vraie force réside dans le courage de s’accepter soi-même, tel qu’on est dans le moment présent, puis d’accepter les imperfections qui font partie de notre humanité. Elle réside aussi dans le courage de se montrer à l’autre, dans ce même moment présent, avec toutes ses qualités et imperfections. Le véritable amour requiert d’être authentique et de se montrer tel qu’on est, vulnérable, sans masque ni déguisement. Accueillir l’amour dans notre vie nous demande de démolir le mur d’indépendance qui nous emprisonne et qui nous empêche de rayonner réellement.