Bilan professionnel

La Pocatière, le 27 mai 2015

Quelle session de psychothérapie hier soir. Un paquet d’émotions se sont entrechoquées pendant deux heures. Des souvenirs éparpillés on refait surface et se sont bousculés, entremêlés d’angoisse, d’une profonde tristesse, de désespoir, de craintes – non, de peurs – de désarroi et de découragement. En même temps j’ai entrevu, à travers une impression généralisée que je n’ai rien accompli qui en valait la peine (professionnellement du moins),  un espoir que j’ai pu faire une différence.

Cet espoir – si petit soit-il – d’avoir été capable d’aider quelques personnes au cours de ma carrière, d’avoir fait une différence pour ces personnes, est une lueur que je dois garder en tête et ne pas oublier. Autrement, je penserais que tout a été vain. Un excellent travail, un rendement et des résultats remarquables mais qui, dans le grand ordre des choses, avaient peu ou pas d’importance. Pas que le travail du personnel que j’ai supervisé était sans importance, mais plutôt que ma contribution à moi, n’importe qui aurait pu le faire. Que tout aurait fonctionné (peut-être mieux) sans ma présence ou avec quelqu’un d’autre à ma place.

J’espère avoir fait une différence, à tout le moins à un niveau individuel pour quelques personnes. J’espère aussi avoir laissé ma marque, avoir fait les choses différemment de mes prédécesseurs et successeurs. J’espère avoir eu un impact positif et différent, qui a porté ma propre signature. La pensée d’avoir été un instrument générique, un rouage sans particularité qui peut être remplacé comme une simple pièce dans un engrenage, me pince le cœur. Je voudrais tellement avoir fait une différence.

Mais quel ego je vois à travers ces mots! Qu’est-ce qui me fait croire que c’est si important? Pourquoi ce besoin inassouvi de reconnaissance? Ces quelques fois où j’ai eu une reconnaissance pour mon travail, pourquoi ce sentiment d’imposture, cette impression que n’importe qui aurait fait pareil, que je ne mérite pas le crédit?